« Bizarre, vous avez dit bizarre ? » 2

Mardi 31 Mars


Pour continuer dans les incongruités kiwiesques, voici quelques autres anecdotes revelant les « petits chocs culturels » !


Commençons par un aspect très positif : les toilettes publiques. On dirait pas comme ça, mais ça facilite beaucoup la vie des campeurs et des vessies de la taille de sachets de thé ! (n'est-ce pas Sami ?) En effet, quelles que soient les villes qu'on a traversées, on a pu trouver à chaque fois des toilettes (souvent vers les offices de tourisme) un peu partout. En plus, elles étaient souvent propres et tout le temps avec du papier ! Et ce même au bord de lacs où on était les seuls campeurs. Rahhh ! Trop bien !!



Et maintenant, moins drôle, le bio à la néozélandaise. Actuellement, nous bossons dans des vergers bio. On était assez fiers au début, même si on voyait beaucoup de bestioles qui nous salissait les bras, et la tête (alouette!) qu'on génocidait en cueillant. En fait, on a appris que les pommes étaient traitées mais depuis assez longtemps pour qu'on ne puisse plus détecter les produits dessus ! Miam, miam, mangez des pommes ! À se demander si ça n'arrive qu'en Nouvelle-Zélande...


Comme le confirmaient nos collègues franc-comtois en vadrouille dans l'île du sud, les Kiwis mangent tôt, voire très tôt. En gros, pour aller aux restos, faut y aller vers 18h, sinon t'es décalé. À 20h, ils remballent déjà ou quasiment ! Et dans la famille où nous sommes actuellement c'est plus chaotique mais là, il est 17h50 et ils mangent déjà.


Une formule magique maintenant : HSM Rapid Response Security Guard. Ça donne envie, hein ? Bah en fait, cette formule permet de se débarrasser de backpackers (baroudeurs) vaguement trop fêtards au camping. Lors d'une des rares soirées sympa au camping d'Hastings, à 22H en gros un vendredi soir, le gérant est arrivé en pyjama puis 15 minutes plus tard, deux voitures sont arrivées à sa demande livrant une bande de cow-boys habillés en noir avec écrit sur leurs bombers la fameuse formule : HSM Rapid Response Security Guard !! Et bah si c'est ça l'insécurité en NZ, on est plutôt tranquilles ! On avait déjà remarqué de toute façon que dans de très nombreux endroits ici, il y avait des patrouilles (souvent de civils) qui circulaient pour surveiller le voisinage. Paranos, les Kiwis ? Faut dire qu'il y a toutes les semaines à la TV publique une émission de flic-réalité, où on suit des « gardiens de la paix » embêtés par de méchants citoyens insubordonnés.


On avait dit dans un précédent post que les magasins fermaient tous à 17H. En fait, il y a quand même des exceptions. Heureusement, il y a les supermarchés où le client reste roi : ouverts de 6h à minuit ! 7J/7 ! Histoire d'être sûr que chacun trouve son bonheur à n'importe quel moment de la journée ! Petit aveu, nous sommes passés un samedi soir... Mais non mais c'était juste pour acheter du pain ! C'est pas notre faute si on est français (et ici, pas de boulangerie ouverte après 17h ou le dimanche !) Pardon Loïc on a craqué !


Dans notre rubrique « les vieux métiers disparus d'antan », nous avons retrouvé l'emballeuse de caisse. Ce n'est pas une bimbo qui fait la promo des voitures mais une seconde caissière qui emballe tes courses dans un sac : dans les supermarchés, il ne faut surtout pas fatiguer l'acheteur.

Palmerston North et ses roses

Samedi 21 mars


Après une première semaine de pommes frustrante (et un mois qui s'annonce à 6/7 jours), on nous annonce que samedi on finit au moment du repas. Ni une, ni deux, on s'est décidé à partir sur Palmerston North à 3 heures de Napier.

Cette ville a le mérite de posséder la plus grande université de NZ donc on a pensé qu'on pourrait faire un saut là-bas. Au final, ici au moins il y a des cafés sympas. Et comme en ce moment, on n'a pas de vrai "chez nous", on est pas mal de sortie dans les cafés ! Mais à part ça... L'architecture rappelle les villes américaines moches avec de grandes avenues et toujours cette fâcheuse habitude de faire des plans carrés !

Par contre, on a fait une excellente visite qui aurait fait bavé d'envie nos mamans : le jardin Dugald McKenzie. Dit comme ça, ça vous dit pas grand-chose mais il a quand même remporté la cinquième place des plus beaux jardins au monde en 2003 . Ca vous en bouche un coin, hein ? Sans rire, c'est un jardin de roses, certes un peu froid, mais qui présente des dizaines d'espèces différentes. Des hybrides y sont créés et exposés. On s'est régalé autant de leurs beautés que de leurs odeurs. Finalement, on était arrivé en fin d'après midi et on est repassé le lendemain rien que pour profiter de la lumière du matin !


Et comme on est sur la côte ouest, on est parti jusqu'à la mer Tasman pour passer la nuit en bord de mer. On s'est arrêté sur Himatangi Beach qui est une plage réputée. Bien sûr, il s'est mis à pleuvoir juste sur le chemin ! Mais le matin on s'est réveillé pour une ballade sur le sable brun. Cette plage est en fait une autoroute à 4X4, qui sont tant appréciés des Kiwis! C'est assez bizarre de voir un panneau 30km/h en plein milieu d'une plage ! et des traces de pneu sur toute la largeur. Mais bon, on met une photo plus jolie, sinon vous allez avoir l'impression qu'on part au Quart-Monde !


Le lendemain, on a décidé de se re-venger du Tongariro et de s'entraîner à nouveau à la marche en allant voir les gorges de Manawatu, à 15km. Mais notre temps était compté donc on n'a pu faire que la moitié du trajet dans une forêt sympa mais sans rien voir des susdites gorges ! C'est comique, non ?


Par contre, on a pu apprécier une autre forêt... une forêt d'éoliennes ! Perchées au-dessus de collines, 50 éoliennes dominent les alentours, qui formaient le champ d'éoliennes la plus étendue de l'hémisphère sud. Et durant la rando, on a pu entendre le son qu'une d'entre elle produisait. Etrange... assez indescriptible en fait. En tout cas, c'était une première pour nous.

Rotorua III : ville et fin

Samedi 14 mars


Comme on se trouvait par là, on a quand même visité la ville via le tour proposé par notre grand gourou et guide spirituel Lonely Planet.


Nous avons commencé par les anciens thermes transformés en musée, entourés de terrains de criquets. Les anciens locaux utilisant les ressources de la géothermie locale ont été réaménagés. On se serait cru au XIXe même en allant aux toilettes qui reprennent la céramique et la déco de l'époque. C'était assez rigolo de voir les anciennes baignoires et les photos des harnachements pour douleurs articulaires et autres thérapies plus ou moins farfelues de l'époque pour soigner les maux. Un système de tuyaux en sous-sol amenait les eaux volcaniques sulfureuses dans tout le bâtiment. Sauf que ces eaux corrodent très vite le métal ce qui a entraîné un pourrissement très rapide qui a transformé les salles de soin en chambres de torture Est-Allemandes !

La partie maorie du musée était particulièrement intéressante parce que pour une fois, le point de vue était maori. Et de fait, il nous a pas mal ému. Pour donner un exemple, les anglophones pourront lire le texte sur la photo jointe (les autres attendront notre retour !).

A la sortie, nous avons traversé les Jardins du Gouvernement avec notamment un parterre de roses qui aurait charmé nos mamans.


La ballade nous a fait passer ensuite devant une place où se font face un marae et une église. Les premiers n'étant ouverts au public que sur invitation, on n'a pu visiter que la deuxième mais qui a la particularité de mélanger les influences chrétiennes et maories. D'ailleurs avant d'entrer, il est demandé d'enlever ses chaussures comme justement dans les maraes ! On peut ainsi voir des panneaux de lin dans le choeur, une chaire et des bancs sculptés de monstres maoris, et dont le bois est de couleur rouge, qui est la couleur traditionnelle des constructions sacrées maories. Les vitraux reprennent également des motifs maoris tels des spirales. Sauf un, assez original, pour ne pas dire étrange : un Christ marchant sur les eaux de Rotorua (gravé à l'acide sur une baie donnant sur le lac) ! Bel exemple de syncrétisme. Comme sur la photo : l'autel porte l'inscription « tapu », qui a donné tabou en français, et qui renvoie à une notion complexe du sacré. (Que nos auditeurs se rassurent, nous ne serons pas toujours aussi intellectuels, pouêt !!)









À Rotorua, même les égouts font de la fumée ! À tout moment, on peut voir un nuage de fumée (nauséabond, certes) surgir de n'importe où. L'odeur n'est heureusement pas continue mais on s'habitue... par moment.


Le soir, nous nous sommes offerts le luxe d'un petit resto pour fêter l'anniversaire de Pauline, le Bistrot 1284 (attention, publicité des antipodes !). La cuisine mixe des influences de NZ et d'Asie pour le plus grand bonheur de nos papilles (c'est l'équivalent du Champagney à Besançon pour ceux qui connaissent, carrément !). Nous sommes arrivés à 20h mais on était les derniers ! Conclusion : en NZ, il faut venir au resto tôt !


Après avoir bien profité de Rotorua, nous avons redécollé et, telles des mouches attirées par la confiture, nous nous sommes englués sur un site touristique : Orakei Korako, connu pour ses terrasses de silice colorées semblables aux Terrasses Blanches et Roses détruites par une explosion volcanique (cf. précédent post). Il y a aussi des mares de boue, des geysers et une grotte avec source d'eau chaude (une des 2 seules au monde quand même). Une bonne halte sur le chemin du retour même si un peu redondante après Te Puia. Tout ça histoire de raconter notre vie !

Rotorua II : Gargouillements

Vendredi 13 mars


Après la Waikite Valley et pour continuer sur le géothermal, nous avons décidé de visiter le site de Te Puia à Rotorua. En effet, cette merveilleuse odeur d'œuf pourri nous manquait déjà (on vous la conseille juste après le repas, c'est particulièrement divin).


Une ballade nous a mené de geysers en sources d'eau chaude, en passant par des mares de boue bouillante. Parmi les éléments notables, le geyser Pohutu qui s'active trois fois par heure peut apparemment atteindre 30 m de haut (pour nous, il s'est contenté d'un petit 10m).



Le site permet aussi d'assister à un concert « traditionnel » maori. Après une invitation cérémoniale, nous sommes entrés dans un marae (maison de réunion, pour ceux qui n'auraient pas correctement suivis les cours du blog ! - en fait, on vient juste de mettre à jour le post sur Rewa's village de février). Orné des jolies sculptures habituelles sur les chevrons et piliers, il est toutefois 'rehaussé' de chaises pour que nos pauvres petites fesses touristiques puissent se reposer.

Ensuite, chants et danses se sont succédées, dont la fameuse Poi avec le puipui ! Si, si, c'est vrai : le poi est une danse élégante de femmes qui font tournoyer jusqu'à 4 boules de lin blanc au bout d'une corde (les poi). Les femmes comme les hommes portent le puipui, une jupe en lin spécial (made in nz) qui fait un son de maracas quand les danseurs virevoltent. Le son des puipui et des poi tapant sur les mains et le torse accompagnent la musique et en forment le rythme.

Après ça, nous avons eu droit à un haka avec les armes anciennes. Le haka n'est pas à l'origine une danse de rugbymen mais une danse de guerre, utilisant le bruit des armes, les gros yeux et des grimaces pour déstabiliser l'ennemi. Dans la mentalité polynésienne, les tatouages et la danse avaient le pouvoir de faire reculer l'ennemi et de gagner la guerre sans bataille. En fait, le moko (art du tatouage) revêtait le guerrier d'une armure sacrée.

Ensuite, un musée interactif nous présentait de manière agréable la sculpture mais surtout les instruments de musique, les armes et certains aspects de la civilisation que nous n'avions pas vu dans d'autres.


À Te Puia, se trouvent également une école de sculpture et de tissage du lin avec des élèves de toute la NZ, qui montrent au public les méthodes traditionnelles. Il faut rappeler que la civilisation maorie ne connaissait pas le métal avant l'arrivée des européens au XVIIIe siècle. Jusque là, ils utilisaient exclusivement outils de pierre ou de jade. De manière surprenante, l'introduction des outils métalliques a été complètement intégrée à la tradition : la société maorie n'attribuait pas les progrès techniques ou stylistiques à un individu ou à un temps donné mais seul le résultat artistique comptait (on se la pète avec nos essplications de théoriciens d'lard, hein ?)


Devinette : mon 1er est plus gros qu'une poule (largement), mon 2e a tout plein de poils, mon 3e a deux pattes qui sortent de nul part, mon 4e n'a pas d'ailes et a un long bec et mon 5e adopte une démarche dandinante. Mon tout est complètement ridicule mais vraiment touchant... Qui suis-je ?

Et tout de suite, pour nos amis internautes, un indice va s'inscrire sur votre écran : je fais partie de la famille de l'autruche mais je suis un mammifère honoraire ; je suis doté de moustaches sensibles comme celles d'un chat et mes narines au bout de mon bec me permettent de détecter les vers de terre à 3 cm sous la terre ; je ne sais pas voler ; pour finir je suis nyctalope (n'est-ce-pas Damien ?). Qui suis-je ?...

Et oui, nous avons pu enfin observer pour la première fois la fameuse coqueluche de NZ dans un petit abri... à kiwis ! . Il faut dire que cette petite bête vit la nuit ce qui ne facilite pas les rencontres. On était tout attendri... Cro Mignooon ! Même si un des deux exemplaires faisait des allers et retours sur un mètre comme un ordinateur qui beugue. Pas très futé le kiwi ! Ou alors mal programmé !

Rotorua I : ça finit par commencer bien

Jeudi 12 mars


Après ces déconvenues (cf les deux posts précédents), on décide de se rabattre sur Rotorua, plus au nord, donc encore 3 heures de route. Cette ville est connue pour son activité géothermique et ses thermes, et sa très surprenante odeur d'œuf pourri.


Arrivés la veille au soir, on campe au bord du lac Orareka qui fournit gratuitement toilettes et barbecue aux campeurs de fortune. La vue sur le lac et ses montagnes est imprenable le soir et le matin. On s'est régalé de photos encore une fois dont des essais nocturnes assez concepts. Le matin, notre petit déj' a été goulûment suivi par quelques canards obstinés.


On commence la journée par le Buried Village (village enterré). En effet, en 1886, le volcan Tarawera a explosé et détruit le petit village, mais aussi la huitième merveille naturelle du monde : de magnifiques terrasses de silice rose et blanche. Et ce qui était un lac unique s'est divisé en Lac Vert et Lac Bleu. La reconstitution du village des maoris et des quelques pionniers d'après des fouilles archéologiques n'était pas inintéressante. Cependant, la région de Rotorua accueillant de nombreux touristes, les prix sont souvent trop élevés, comme on a pu le juger par la suite.


Décidés à nous entraîner à de futures randos (dont le Tongariro qui ne nous échappera pas !), nous sommes partis à l'ascension du Mont Rainbow (arc-en-ciel). Il tient son nom des couleurs de son sol, de l'argile rouge à jaune. Cette petite marche d'une heure aller (bien pentue vers la fin), nous a fait passer devant un lac de cratère d'un très beau bleu. Le sommet nous offrait un panorama sur la région mais c'était sans plus. Curieusement, la descente est beaucoup mieux passée !


Pour nous récompenser de tous ces efforts (tant intellectuels que physiques), nous avons bifurqué pour la Vallée Waikite. Pour 4$ de plus que le prix du camping, on a eu le droit à une piscine à 28°, deux bassins à 39° et 41° avec vue sur la vallée, et une autre encore plus chaude (intenable pour Pauline).

Et en plus, le lendemain, après s'être re-régalé de ses thermes (qui ne puaient pas, eux), on est remonté à la source le long d'une petite promenade très agréable. On a appris que c'était la plus importante source d'eau bouillante naturelle de NZ, 40 à 50 litres par seconde d'eau à 98°et dont la profondeur reste inconnue. La semaine commence enfin à être agréable même le temps s'y est mis.


Le Tongariro, c'est de la merde !

Mercredi 11 mars


On a le droit à une semaine de répit entre deux saisons de pommes. On s'accorde donc une escapade au mont Tongariro un des incontournables de la NZ avec la meilleure randonnée d'un jour.


En lisant le guide, on apprend que la rando inclus le Mont Ngauruhoe (je sais pas vous mais nous, on a renoncé à le prononcer), alias le Mont du Destin dans le Seigneur des Anneaux. Forcément on se dit qu'on aura des photos à prendre pour certains fans de notre connaissance, n'est-ce-pas Karim ?


Nous arrivons le mardi soir sous une pluie battante dans le seul camping existant, en passant au préalable devant un « château » façon carton pâte en plein milieu d'un désert de buissons détrempés. Le lendemain matin, au site d'information du bourg (avec tous les autres campingueurs) on apprend une très bonne nouvelle : la pluie et le vent rendent très fortement déconseillées toutes randonnées pour la semaine entière. Argh !!


Résultat : 3h de routes, une nuit de camping sous la pluie pour nada... Le Tongariro, c'est de la merde, on vous le dit. Surtout que la saison hivernale s'annonce et le mont ne sera praticable par des débutants comme nous qu'à partir de l'été prochain... Janvier 2010... Promis Karim, on tentera en décembre !

Le retour de la Vaseline !

Lundi 9 mars

Pour ceux qui ont suivis les aventures de Sami en Irlande (après Sami au Congo et Sami objectif lune), voici la suite des péripéties dans la base des grands méchants patrons arnaqueurs... Et cette fois, un nouveau personnage fait son apparition dans l'histoire : Pauline.

Après avoir terminé la cueillette de pommes chez un Gentil, le Gentil propose à nos deux z'héros de continuer leur mission chez un de ses amis. Confiants et toujours de bonne volonté, Sami, Pauline et leurs acolytes partent sauver les pommes veuves et orphelines pendant une journée. S'apercevant que le lendemain, ils ne pouvaient pas faire leur beurre (plus assez de pommes à secourir), ils décident malgré les prières du nouveau boss de partir vers d'autres aventures (on a beau être super héros, il faut quand même ramener l'argent à la fin du mois !). Soudain, le boss se transforme en Méchant ! Il essaie le chantage « Vous restez deux jours de plus ou je ne vous paie pas le travail précédent »... Mais pourquoi est-il si Méchant, se demandent-ils ?!? Toujours aussi intègres et malgré le violent relent de vaseline, nos super héros décident de partir malgré l'ignoble menace (Pauline s'est quand même fendue d'un « trou du cul » en anglais lancé à son adresse). Après trois jours de repos pour tout le monde (cf notre week-end au Boundary Stream, qui n'a pas été gâché pour autant), le Gentil patron est intervenu en notre faveur. Et malgré d'autres menaces, nos héros ont réussi à circonvenir le Méchant et récupérer le « fruit » de leur mission, moins quelques grignotages minables du Méchant.

Deuxième épisode. Rappel du précédente aventure : nos deux héros ont fait l'erreur de commencer par travailler avec un contractor (agence intérim de l'horticulture), le grand Méchant de l'épisode. S'étant aperçu que leur salaire de super héros était amputé de trois jours de supers missions (cueillette de pommes dans la jungle colombienne), Sami et Pauline décident de réagir fermement. Flûte, alors ! Ne faisant ni une, ni deux, ils se sont rendus à la base du grand Méchant, réclamer leur dû une nouvelle fois. Selon lui, nos bennes avaient disparu... Suspens... Et vaseline ! Inquiets, les héros sont dans l'impasse Après plusieurs coups de fil et une deuxième attaque de la base, le grand Méchant J Pippos (sic) a été contraint de retrouver les 13 bennes de 500 kilos disparues, soi-disant subtilisées par d'autres cueilleurs... Hmm, méfiance... En tout cas, nos deux héros sont supposés être payés en fin de semaine. La suite au prochain épisode !

Ces deux épisodes se sont déroulés le même jour : tous les problèmes se sont révélés le même jour et se sont résolus ce lundi !

Boundary Stream Reserve

Week-end du 7-8 mars


Ce week-end, après 2 semaines de pommes, on a décidé d'arrêter de cueillir dans un champ, le rendement n'étant pas assez bon (on vous explique ça dans notre prochain « post »). Puis nous avons décidé de partir pas trop loin se faire des ballades lacustres et forestières, histoire de s'habituer à la marche avant d'aller dans l'île du sud.


Et comme d'habitude, rien que la route a suffit à nous ravir. Encore de très beaux paysages malgré encore les trop fameuses « gravel roads » (routes non goudronnées, en gros, un chemin de cailloux)!

Nous avons commencé par la Réserve Boundary Stream, une petite promenade d'1 heure qui nous a finalement duré 2h tellement on a flâné devant les arbres, les panneaux explicatifs et pris 15000 photos (on exagère à peine).


Petite expérience rigolote : on avait repéré de jolies feuilles vertes piquetées de rose... vraiment très jolies. Puis on a lu sur un panneau que les chèvres ne les appréciaient pas mais qu'on pouvait goûter pour voir. Et on a goûté, bêtes comme on est... Le nom de l'arbre est le Pepperwood (arbre poivré) !!


Ça nous a permis de découvrir également une partie des très nombreuses espèces de fougères présentes en NZ. La fougère argentée est un des symboles de ce pays mais on en trouve de toutes les formes et de toutes les tailles également. Il suffit de tourner la tête pour en voir une différente.



Mais bon, on a entendu de magnifiques chants d'oiseaux. Notamment le fameux tui qui varie son chant avec 15 sons différents, allant du sifflement au mélodieux chant, en passant par divers raclements, et imitation de ses congénères. Vraiment enchanteur ! Les maoris et les premiers européens l'ont souvent dressé à répéter des mots comme les perroquets.

Durant cette promenade en forêt tropicale, nous avons été poursuivis par un espiègle petit « robin », très curieux, qui n'arrêtait pas de nous tourner autour, et de poser devant la caméra comme un star. On l'a littéralement mitraillé... de photos seulement !



Nous sommes passés par une crèche pour kiwis ! En fait, juste un espace de quelques hectares protégé par une haute barrière des prédateurs de ce charmant oiseau. Et ils ne font pas semblant de les protéger car pour entrer sur ce site, il faut passer par un sas dont la seconde porte est ouverte par la fermeture complète de la première. On se croirait dans un banque ! Résultat du tiercé : on n'a pas vu de kiwis mais on s'est baladé autour d'un petit étang bien sympathique.


Nous avons passé la nuit de l'autre côté de la réserve, près des Shine Falls. Le matin, on s'est réveillé avec les champs d'oiseaux, le soleil qui se lève et éclaire la montagne au fur et à mesure, une multitude de lapins et dindons,... Et surtout pas un chat dans les parages. Jusqu'à notre retour de balade, nous avons eu ce petit coin de paradis pour nous tout seul. Vous n'avez pas le son mais rien qu'avec cette image de petit déj', vous pouvez comprendre à quel point Bruce nous rend service !

Les Shine Falls se sont révélées être une belle cascade de 58 mètres, la plus haute de la région. Impressionnante ! À 20 mètres de la cascade, on marchait déjà dans un nuage d'embruns. On espère que la photo lui rend justice.


Pour rentrer, nous avons fait un détour au lac Tutira, avec une balade de deux heures sans grand intérêt, ce qui a amené Sami à faire peur aux moutons, histoire de s'occuper.


Mais surtout, pour se récompenser de ces deux jours de marche intensives (bon, c'était plutôt plat, mais pour nous, c'était déjà sportif! ), nous sommes allés à Napier nous prélasser 2 heures dans un spa pour 7€ au total. Il faut dire que le spa inclut plusieurs piscines d'eau chaudes, un jaccuzi, des jets massants, un hammam et un sauna, le tout à 20 mètres de la mer !! On a la classe, non ?

Cueillette de pommes à Hastings

Jeudi 5 mars


Le blog méritait quand même une page sur nos petits boulots de saisonniers qui vont nous occuper une partie de l'année et qui vont nous permettre de gagner un peu de monnaie pour nous offrir nos extras...


Nous sommes donc partis à Hawkes Bay à la recherche d'un quelconque travail dans les fruits. Nous avons commencé par une erreur de débutant backpacker en étant recruté par un « contractor », autant dire une agence intérim de l'horticulture. La première semaine, nous avons donc été baladé entre différents jobs : poser des filets sur des vignes pour protéger le raisin des oiseaux, vendanger une matinée à 8 par rang tellement ils sont longs, puis reposer des filets l'après-midi. Poser des filets consiste à accrocher deux filets de chaque côté de la vigne, avec des petites pinces en haut, puis... à les relier en bas. Et des fois, le haut est déjà fait... là, le dos a beaucoup plus de mal à accepter de rester courbé pendant huit heures dans une même journée ! Comme quoi, le vin ici a le droit à toutes les faveurs, quitte à casser le dos des pauvres petits saisonniers que nous sommes.


C'est là qu'on s'aperçoit qu'il existe une véritable économie "backpackers" (baroudeurs) qui tient à bout de bras la Nouvelle-Zélande. En discutant avec d'autres voyageurs, on s'est aperçu qu'il existe tout au long de l'année une infinité de petits boulots de backpackers auxquels on n'aurait jamais pensés : cueillir , éclaircir, poser du treillage pour les kiwis, clipser les branches au-dessus du treillage, ôter et déchirer les petits sacs qui protègent les ceps de vignes trop jeunes, poser des filets, poser des clips "biodynamiques" (c'est-à-dire en bois ou en corde!) et d'autres qu'on vous fera peut-être bientôt découvrir ! Arrr, gross Malheur !!!


Après cette semaine palpitante, nous avons changé de boss pour commencer la cueillette de pommes, plus exactement de la « galaxie » (« gala » pour les intimes). Ces pommes partent par tonnes direction l'Europe. Donc, en lisant le blog, vous êtes peut être en train de manger une pomme de Nouvelle Zélande que nous avons cueillie avec nos mains calleuses de nouveaux travailleurs.

Nous nous levons tous les matins à 6h au camping en prenant un café (debout dans la cuisine étant encore fermée à cette heure indue) pour commencer de bonne humeur. Nous voici à accumuler les pommes dans nos paniers d'une quinzaine de kilos, à éviter de laisser tomber les pommes, à essayer de ne pas casser les branches surchargées, à monter aux échelles, à sauter de liane en liane (nan, là, on déconne!) pour remplir des bennes d'une demi-tonnes. À 32 $ la benne, on doit en remplir dix par jours à 2 pour que ça soit rentable. On avoue que pour l'instant on s'arrête à neuf, histoire de profiter de la plage après le boulot !



C'est comme ça que nous sommes partis pique-niquer au Te Mata Peak, la montagne à côté de Hastings, pour profiter du coucher de soleil sur la ville et se changer les idées. Comme vous pouvez le constatez, les cieux du soir sont plutôt sympas en été. NB : nous sommes passés en automne en entrant en mars, donc il va commencer à faire plus froid chez nous !

Cape Kidnappers et ses Gannets

Dimanche 1er Mars


Après une intense semaine de cueillette de pommes (avec changement de patron en cours de route), on a bien mérité un samedi de pluie – donc de congé. Et quand il pleut ici, il pleut. Toute la journée. Et comme d'un côté, les magasins et les bars ferment quasiment tous à 16h, voire 14h, y compris le samedi, et que de l'autre côté, on avait le choix avec un camping 'in the rain', on a vite compris que ce ne serait pas notre journée la plus exaltante en Nouvelle-Zélande. Et du coup, on a zoné...


Par contre, dimanche (ahhh, exaltation), il faisait un soleil splendide. Et après une grasse mat' illégitime, on s'est décidé à partir pour une marche au Cap Kidnappers avec des workmates (collègues de travail et de camping) du Québec, d'Allemagne, de Bruxelles et de St-Vit (sic!). Le but du jeu était d'aller observer la présence d'oiseaux migrateurs qui nidifiaient là.


Le but ultime de notre expédition s'est longtemps fait attendre. On s'est d'abord tranquillement balader le long de très jolies falaises aux airs de termitières, d'orgues géantes et de canyons en prenant le temps de les photographier sous toutes les coutures...







En effet, après cette longue promenade, on a enfin pu apercevoir nos fameux Gannets. Très jolis, les mâles arborant une tâche jaune sur le crâne avec des yeux bleus reflétant l'intelligence supérieure dignement héritée de millions d'années d'évolution. Dans la colonie, le plus grand nombre de Gannets est noir et blanc, sûrement les plus jeunes.


Par contre, un détail que les guides touristiques omettent curieusement de signaler, c'est que ça pue affreusement, c'est une véritable infection !! Renseignements pris, les nids sont composés d'algues, de végétaux et de guano. Merci bien ! Des panneaux nous demandent de ne pas déranger la vie sauvage... ça, c'est pas un problème, on avait même du mal à résister rien que pour prendre ces quelques photos. C'est pas facile tous les jours la vie de grands reporters ! Et c'est d'autant plus ironique de mettre ces panneaux que le long de la plage, des quads, des motos, des 4x4 et des tracteurs (sic!) faisaient les allers-retours à côté de ces mêmes petits oiseaux qui avaient vraiment l'air parfois de montrer leur plus beau profil pour les touristes.


Mais attention, c'est l'aventure ! Le chemin est étroit, le long de la plage et on peut vite se faire coincer par la marée haute. Pas bête, on avait pris soin de consulter les horaires des marées (bon, c'est le guide qui nous a permis d'y penser) et de prévoir assez large. Mais ça on s'en est vraiment inquiété qu'après nos deux heures et quelques de marche à l'aller. Au retour, on se serait cru dans un film d'aventure, quand on a du accélérer en voyant le niveau de l'eau augmenter au fur et à mesure et qu'on a dû enlever nos chaussures pour pouvoir passer à certains endroits... On en rajoute un peu, mais finalement on a bien apprécié cette journée au soleil avec ce petit sel en plus !