Wellington, on a rencontré des Francs-Comtois !

Dimanche 24 Mai


Bon, d'accord, vous, vous en rencontrez régulièrement. Mais bon, en NZ, ce n'est pas si courant. Vous avez peut-être suivi les aventures des autres Francs-Comtois en NZ (cf lien dans notre blog). Ils finissent tout juste leur périple dans l'île du Sud, ont traversé le Détroit de Cook et s'installent quelque temps sur Wellington. Vu que nous sommes à côté, on s'est donné rendez-vous au café du musée Te Papa.



C'est Magali qui nous a mis en contact via internet et leur blog, et on a enfin pu faire connaissance. Elodie & Ghislain sont un couple mixte : de Gray et de Nancray ! Trop fort ! On s'est pas mal marré de nos aventures, des points communs et des différences entre nos expériences. Et on a pu s'échanger des tuyaux et des adresses entre île du nord et du sud. Ils nous ont donné encore plus envie de descendre vers l'île de Jade (et peut être même bien de se faire une virée en hélico au-dessus du Mont Cook).


On était tellement pris par nos papotages qu'on a failli raté le train de retour pour Upper Hutt. On a même oublié de prendre une photo de nos compatriotes pour mettre sur le blog, un comble !

Upper Hutt, soirée jeu !

Samedi 23 Mai


Pour ceux qui ne connaissent pas notre vice, nous sommes devenus des accros aux jeux de plateau. Donc depuis quelque temps, et sous les conseils avisés de Karim, Sami a mis un message sur un site internet de joueurs pour satisfaire notre addiction. Et Ô miracle, un joueur d'Upper Hut nous laisse un message juste au moment où on s'y installe !


Greg et sa femme Sarah nous invitent samedi soir autour d'un « champagne » et de pizzas. L'association paraît étrange mais en tout cas, c'était bien sympa. On a joué à Puerto Rico (toujours aussi frustrant) mais on a surtout découvert Dracon (gentil), Mall of Horror (où le but du jeu est de ne pas laisser la blonde se faire dévorer par les zombies : assez marrant, même si Greg s'est planté dans les règles) et Kill Dr Lucky (un cluedo inversé où il faut tuer le Dr sans être vu). Au total, l'ambiance était très bonne même si les jeux ne nous ont pas transcendés.



On a rempile avec eux jeudi soir. On a teste Mission Planete Mars (le meilleur auquel on a joue en NZ) et ensuite un petit Colons de Katan (particulierement dispute). Greg a gagne les deux fois ce qui apparement est rarissime, donc nous allons peut-etre devenir ses gris-gris porte-bonheur !


La semaine va être intensive car on participe samedi 30 mai (de 10h à 22h !) à un « échauffement » pour une convention de jeux qui se déroulera en août.

Upper Hutt, chez Ian & Merryl

À partir du 20 Mai


Upper Hutt est une banlieue résidentielle au nord de Wellington. Et malgré cette proximité, nos hôtes nous avertissent qu'il faut 2km en forêt avant d'arriver. Par un temps très froid et pluvieux, on s'engage sur une route de montagne sinueuse, bientôt une seule voie, étroite, où le passage de la troisième relève de l'exploit. Après dix minutes, nous apercevons enfin un poteau « 322 », indiquant à la fois l'adresse de la maison et la distance de la plus proche caserne de pompiers (3,22km pas 322!).



Confiants, nous nous engageons dans le chemin de graviers. Il se dégrade très vite en piste de jungle, étroite, avec nid-de-poule, boue, côte ardue, le tout recouvert d'épines de pin bien humides. Autant dire qu'on est resté en première tout le long et qu'on faisait pas les malins. Même comme ça, à mi-chemin, Bruce déclare forfait. Et bien sûr, la nuit tombe et la pluie empire. Après encore quelques essais infructueux, on se résigne à prendre nos brosses à dent et à faire le reste à pied. Après notre nuit calamiteuse de la veille, on en est venu à se demander si nos hôtes n'habiteraient pas en réalité un manoir et y attireraient d'innocents woofers pour les engraisser et les rôtir !



Après encore 5 minutes de marche sur cette côte boueuse, nous sommes accueillis par Merryl avec un « Vous vous êtes embourbés ? ». Apparemment, nous ne sommes pas les premiers ! C'est Ian qui, en pleine obscurité, conduira Bruce pour le ramener sain et sauf. Mais la fois d'après, même lui renoncera à le remonter.


Ian est un ornithologue du DOC, alias Department Of Conservation (en réalité, il démissionne) et Merryl sa femme, est docteur généraliste. Les deux travaillent à mi-temps pour s'occuper de leur proprité de 47ha de collines, dont 2ha de forêt native. Et du sommet, on a vraiment une vue magnifique sur les environs et les montagnes, jusqu'à l'île du sud. Ce terrain de jeu sert à une floppée de vaches, chèvres, moutons, poules et même sangliers (moins désirés). Ils ont aussi des potagers, un verger, un étang, une vigne et une serre. Ils tirent de tout ça des légumes, du lait, des œufs, du fromage, du bois, du cidre, du vin (de feijoa entre autre). Et ils font du bon pain !



Ce qui nous a attiré chez eux, c'est que leur électricité est fournie par des panneaux solaires et une petite centrale hydraulique activée par un ruisseau. Et en plus on s'entend très bien : ils sont simples, cultivés, curieux et spontanés. Apprenant qu'on aimait bien les jeux, ils nous ont appris le Quick Scrabble (en anglais, c'est pas de la tarte) et nous avons fait un Pictionnary hilarant. On a enfin trouvé un WWOOF authentique (Willing Worker On Organic Farms, autrement dit travailleur motivé en ferme bio). D'ailleurs ils militent chez les Verts ! Et leur maison est bien isolée et bien finie.



Bon, c'est pas le tout de s'amuser, il y a aussi du boulot : des confitures à faire comme cette marmelade, du bois à couper, du désherbage, la serre à nettoyer, les animaux à nourrir (y compris les sangliers, histoire de les piéger un jour) etc. Sami va peut-être même apprendre à traire une vache si ça se trouve.



PS : autant vous dire qu'on reprendra Bruce le moins possible durant le séjour ;)

Cap Palliser, une virée épique

Les 19 et 20 Mai


Par une magnifique journée pluvieuse, nous descendons du côté de Wellington. Mais avant de commencer notre nouveau WOOF, on fait un arrêt par Masterton, ville rurale et tranquille. Le musée propose quand même une exposition temporaire sur des artistes contemporains de Papouasie Nouvelle Guinée qui a bien plu à Pauline.


Notre objectif est le Cap Palisser, réputé pour son phare, sa solitude et ses vents violents. À partir du moment où on se décide, le temps s'améliore ce qui nous permet une jolie pause au Lake Ferry, où le lac rejoint l'océan. La vue nous époustoufle. Mais il est déjà tard (4h30) donc il est le temps de trouver un cocon à Bruce pour la nuit. Après quelques kilomètres, nous nous arrêtons à la réserve des Pinacles de Putangirua pour un repas frugal mais chaud : des nouilles chinoises !



Au moment où on éteint la lumière, un vent de tous les diables commence à souffler, secouant Bruce, son chargement (nous) et faisant grincer ses pauvres suspensions. Ça a empiré jusqu'au petit matin et même avec les boules Quiès aucun de nous deux n'a réussi à dormir... D'autant qu'on a eu largement le temps de paranoïer, imaginant des chutes de branches sur le toit, de roches voire carrément l'impossibilité de reprendre la route avec tant de vent. Vous n'imaginez pas à quel point on était secoué ! On s'est aperçu le lendemain qu'il n'y avait aucune raison de flipper, en roulant Bruce gardait le cap !


À l'aune de notre nuit calamiteuse, les vents étaient largement supportables au matin et la pluie avait cessé. Nous sommes donc partis pour une ballade d'1h30 à travers la forêt pour contempler ces fameux pinacles. Leur roche est composée de graviers, vieux de 14 millions d'années, facilement érodés par la pluie. Mais par endroit, des rochers abritent les graviers directement en-dessous et forment progressivement des monticules verticaux imposants avec parfois les rochers encore en place au sommet.



Ensuite, nous avons suivi la côte jusqu'au Cap Palliser. Nous n'avions jamais vu de mer aussi déchaînée (pas que nous soyons de grands navigateurs mais la Franche-Comté en a fourni très peu).



Cent photos plus tard nous arrivons au village Ngai qui nous a marqué par sa plage bondée de vieux bulldozers colorés tractant des bateaux.



Passé ce paysage enchanteur, la route se détériore, la mer traversant parfois la route. Nous rencontrons là notre première colonie de phoques. Presque aussi émouvant que les kiwis. C'est impressionnant à quel point, même à un mètre, ces grosses bêtes ne bronchent pas. Blasés des paparazzis ?






Apercevant enfin le phare, on apprend qu'une petite escalade de 250 marches, compliquée par de fortes bourrasques, nous attend !




Au sommet : un phare rouge et blanc tout ce qu'il y a de plus banal, des paysages sauvages et un vent à vous renverser et à vous couper le souffle, littéralement (même la photo est floue !). Par contre, l'île du Sud n'est visible que par météo normale !



Sur la route du retour, un quad nous fait signe de la main. « Salut ! » qu'on répond. Vingt mètres plus loin, sans plus d'avertissement, une horde de moutons nous barre le chemin. Ils doivent tellement avoir l'habitude qu'ils ne se préoccupent même pas de prévenir.



L'arrivée chez nos hôtes est tout aussi épique : à suivre dans le prochain épisode.

Les Kiwis et la route, une grande histoire d'amour

Le 18 Mai

Il est vrai que nous avons parcouru pas mal de bornes depuis notre arrivée donc on commence à avoir une petite idée...



On voit des voitures de tous les genres ! Il faut dire que les Kiwis et les voitures, c'est une passion. Déjà à Napier, lors du festival Art Déco, le nombre de voitures des années 30 était impressionnant. Mais ce n'était qu'un début ! Plus tard, un week-end, on a croisé une foule de vieux Tubes Volkswagen, indice d'une expo à thème pas loin. Sans compter qu'un tiers des Kiwis doit posséder un 4X4, un autre tiers un voire plusieurs quads et les autres, de grosses voitures rouges ! Il est vrai que les routes ici ne sont pas toujours formidables mais on n'est pas persuadé qu'à Auckland, ce soit si essentiel.


Et ici, la voiture c'est pas qu'une vache à lait, c'est la poule aux œufs d'or (pour faire dans la métaphore laitière). Les magasins liés à l'automobile – à toutes ses parties – pullulent : garagistes, pneu-istes, vitre-istes, pot d'échappement-istes, casse-istes, locat-istes, concession-istes mais aussi magasin-istes où acheter tout plein d'accessoires inutiles pour tuner votre voiture ouvert 7j/7 ! La classe, non ? On voit très régulièrement des voitures « tunnées » avec des petites flammes, des vitres teintées ou des lumières en plus. Oh que c'est joli !



En NZ, il est obligatoire un contrôle chez un garagiste spécialisé, le WOF (Warranty Of Fitness) pour pouvoir rouler. C'est l'équivalent du contrôle technique mais beaucoup plus léger. Du coup, des voitures encore plus vieilles que Bruce roulent sans aucun souci... Ou en faisant un boucan du diable ! On a même croisé des voitures (roulantes !) avec un phare en moins, sans plaque d'immatriculation, défoncées sur un côté ou encore plus fort, sans capot ! Et dans des jardins, des vieux vans ou des vieux bus rouillés sont laissés complètement à l'abandon.


Une des lois oblige les voitures à s'arrêter aux passages piétons. Ah que c'est agréable ici d'être piétons. Bon, on se fait encore avoir car de temps en temps, on s'arrête mais non, la voiture a déjà prévu de nous laisser passer ! Trop bien. Au début, on s'est dit que les Kiwis étaient vraiment trop sympas en voiture. En fait, maintenant qu'on en a une, on se rend compte qu'aucune loi n'a été voté pour être cordial au volant. En effet, si une voiture attend pour s'insérer dans la circulation, personne ne perdra 30 secondes en la laissant entrer... Mouais, personne n'est parfait.


La route a ses petites surprises aussi. Déjà, les « highway » qui sont supposées être une traduction d'autoroute mais elles n'ont rien à voir avec les françaises. Elles sont limitées à 100 km/h, n'ont que 2 voies au total et pas de terre-plein central. Et de toute façon, des fois on ne peut même pas passer la quatrième tellement elles sont tordues !


Et deux choses super-casse-gueules au début. Premièrement, après une heure sur l'autoroute, tu peux tomber nez à nez avec un feu rouge !! FREINE, Pauline !!! Deuxièmement, tu roules toujours aussi tranquillement, en faisant gaffe au feu rouge, et d'un coup, un mec en face met son clignotant pour tourner à gauche (c'est-à-dire où tu roules !) et traverse ta voie, pépère. AARRGH !!


Les ponts-et-chaussées décident parfois de nous faire ralentir coûte que coûte. Pour ça, ils font pousser des « speed bump », alias dos d'âne, un peu partout. Tu peux le passer à plus de 30 km/h si t'as envie... Mais bon, même avec notre Bruce sur-élevé, on a encore peur de lui arracher un morceau. Dans le même genre, dans leur nid-de-poule ne doivent pas nicher le même genre de volaille qu'en France : on hésite, ce sont peut-être des « nid-de-rhinocéros » ?!


Une autre spécialité est le pont « one lane ». Un petit panneau précède pour vous indiquer qui donne la priorité, puis la route se réduit à une seule voie pour une voiture puis c'est reparti pour 100 km/h après ça si t'es encore vivant.


Une petite règle de conduite supplémentaire à retenir rapidement si vous voulez faire un tour par ici : la priorité à droite s'applique mais avec une nuance, si vous tournez à droite et que la voiture d'en face aussi, vous lui devez la priorité. Comme la voiture qui traverse la voie a la priorité sur la voiture qui tourne c'est sensé fluidifier la circulation. Mais bon nombre de Kiwis ont attendu des plombes avant qu'on comprenne que c'était à nous de passer !


Par contre, les bas-côtés sont souvent super larges pour permettre à une voiture de s'insérer plus facilement dans la circulation ou encore à un camion qui se fait doubler de se déporter sur le côté. Grâce à ça, Super Sami s'est adapté très rapidement à la conduite kiwie.



Ah oui, au fait, on vous a pas dit : l'essence est au-moins deux fois moins cher qu'en France ! Les prix semblent à peu près fixes. Et, au vu des longues distances à parcourir et du génocide d'insectes qui s'ensuit, y a des seaux, de l'eau et des brosses pour laver ses vitres. Il est quand même conseillé aussi de ne pas avaler l'essence... parce que c'est cancérigène !! Et ici, dans station service, il y a encore « service » : un pompiste te propose de faire ton plein, et là, c'est bête mais on se sent un peu désœuvré (c'est un peu comme l'emballeuse de sacs de supermarché).



Nos coups de cœur vont pour les panneaux de circulation. Certains sont très informatifs et indiquent toutes les voies cachées dans les virages, y compris les sorties de maisons en pleine cambrousse. Plutôt futé. Comme les oiseaux ont une grande place dans l'écologie NZ, vous rencontrez des panneaux vous indiquant de faire attention aux kiwis, aux canards ou autres petites vaches (c'est pas des oiseaux ?).



Au revoir John & Allison

Lundi 18 Mai


Ça y est, après 15 jours à « Homeprint » (c'est le nom de la boîte de John) à Feilding on reprend la route demain matin. Grâce à ce séjour et aux précédents, notre anglais finit par progresser. On a eu l'impression de faire partie de la famille car John nous a présenté à tout le monde. Et l'artiste avec qui nous avons découvert le « Solar Plate » nous a invité samedi soir à dîner chez elle avec toute la famille ! Des plats kiwis, du poisson cuisiné par la belle-fille chinoise avec en fond le Ukulele joué par le mari tahitien : très sympa tout ça pour notre première soirée avec des Kiwis.


Il est quand même temps de faire un petit post pour vous raconter tout ce qu'on a découvert pendant ce séjour.


John est artiste-imprimeur et travaille différentes techniques, sur commande ou pour ces créations personnelles. Ancien prof, il est très bavard et très généreux sur l'apprentissage de tout ce qui touche l'imprimerie. Pour lui, la plus grande oeuvre d'art est la Bible par Gütenberg. Il faut dire qu'il vend également des presses faites par ses soins ainsi que des outils de gravure japonais et que c'est aussi un vrai commerçant !


On a commencé par le plus simple, imprimer un texte. Les lettres sont placées tête en bas, dans le sens inverse de lecture, sur un canevas avec des espacements pour la régularité. L'idéal, c'est de bloquer les lettres avec des petites lattes de bois et une vis pour garder une disposition parfaite. Il faut ensuite passer un rouleau d'encre dans les deux sens afin d'assurer un parfait encrage (et mine de rien, c'est pas si simple d'obtenir un beau noir bien dense). On pose le canevas dans la presse, un beau papier par-dessus délicatement, et parfois une feutrine pour atténuer la pression et on actionne la presse. Ensuite, reste à décoller le papier en évitant les bavures ou les lettres qui collent. Et voilà, le tour est joué.



Il nous a aussi montré comment embosser. On choisit un plus joli papier qu'on fait tremper dans l'eau quelques secondes pour l'attendrir puis qu'on sèche. Pour le reste le principe est le même sauf qu'on n'encre pas les lettres (les métalliques sont plus efficaces ici). On place le tout sur la presse avec le papier et la feutrine, obligatoire cette fois-ci, puis on exerce la pression. Et les lettres apparaissent en creux sur le papier, ça a vraiment la classe.


John nous a aussi montré la technique du « Solar plate » (la plaque solaire). C'est assez magique. Il faut tout d'abord dessiner un motif sur un calque ou un film plastique. On place ensuite la fameuse plaque solaire, puis le dessin puis une plaque de verre et on maintient le tout avec des pinces. On expose ensuite le tout à la lumière solaire pendant 2 à 3 minutes. À ce moment-là, on voit apparaître très légèrement les motifs. Mais c'est pas fini. Il faut ensuite séparer tout ça, faire tremper la plaque solaire dans de l'eau tiède puis brosser doucement toute la plaque. Les composés chimiques se diluent alors en laissant apparaître le dessin tel quel. Et c'est vraiment super-précis ! Il ne reste plus qu'à encrer et imprimer sur du papier, du tissu ou autre.



On a aussi appris la technique de l'impression en relief. Il faut graver ses motifs sur un support qui ressemble à du lino. Il faut manier les burins en forme de 'V' délicatement parce qu'on a vite fait de déraper. Et comme c'est destiné à être encré et imprimé, il ne faut creuser que ce qui est destiné à rester blanc et laisser apparaître le motif. Une fois nettoyé, on encre au rouleau puis on presse sur du papier. Pour les curieux on ramènera nos échantillons à notre retour ! C'est aussi possible d'imprimer différentes couleurs : on grave les contours et les premiers détails d'abord, on encre. Puis on redessine d'autres détails puis on encre avec une autre couleur et on réimprime en plaçant la feuille au même endroit. Et voilà, c'est tout joli !



À noter d'ailleurs, quand on voit comme c'est déjà chaud de graver sur un support tendre et régulier, on n'ose même pas imaginer la difficulté des gravures maories !

Colis

Samedi 16 Mai


Un grand merci à la famille pour le colis que nous avons reçu aujourd'hui ! Comme vous pouvez le voir on a été gâté. On tient quand même à signaler à tout le monde que nous ne mourrons pas de faim ! Il y a plein de choses à manger et à découvrir ici. Le hic est que tout est très sucré, même le pain (qui est du pain de mie) et que tous les deux nous avons pris du poids. Aïe ! Le régime s'avère difficile avec toutes ces bonnes choses, surtout quand on est logé chez l'habitant qui nous prépare de bons plats.



Un 'détail' à signaler quand même: les Kiwis sont un poil pointilleux à la douane. À notre arrivée à l'aéroport, ils avaient déjà inspecté toutes les chaussures, puis désinfecté pour prévenir de toute pollution biologique. Et ben, pour le colis, ils ont fait pareil. Ils se sont dit qu'un bout de Comté de 600 grammes devait être une arme nucléaire, ou peut-être un poison contre les espèces endémiques ou encore, une drogue dure (la Comtécaïne) ! En tout cas, à la place de notre morceau de fromage, nous avons reçu une petite lettre comme quoi nous avions le choix entre renvoyer l'objet du délit pour 40€ ou alors le faire détruire gratuitement (comme c'est gentil...). Le coeur déchiré, on s'est résolu à ne pas payer à ce pauvre bout de fromage qui n'a rien demandé un retour à la mère patrie. On hésite à envoyer un mail aux douaniers pour leur ordonner de goûter ce Comté avant de le détruire : fô pâ gâcher.


En tout cas, merci beaucoup pour toutes ces petites intentions. On se demande si notre prochain colis à nous ne contiendra pas aussi de la nourriture, histoire qu'on ne soient pas les seuls à engraisser ?! ;-D

L'architecture vue par les Kiwis

Jeudi 14 Mai


Côté paysage, la NZ, on adore. Par contre, côté architecture, on ne peut pas dire que les Kiwis soient les meilleurs.


Non, on ne fait pas nos chauvins, et on ne demande pas une église gothique du XIVe siècle à tous les coins de rue, mais bon y a des limites ! Que pensez-vous de rebaptiser cette église de Hastings « Saint- Playmobil » ?!






Sans compter les quelques châteaux carton pâte qu'on a pu apercevoir à l'occasion comme ce restaurant à Wanganui.





Il faut dire que les villes font parfois très western : les façades ininterrompues sont très alignées de chaque côté de la rue et surmontées de pignons façon saloon. Le tout avec des couleurs flashy défraîchies. Et du coup, elles masquent les bâtiments derrière. À se demander si les chefs-décorateurs n'ont pas monté la ville juste avant qu'on arrive !



La majorité des maisons sont des pavillons de plain-pied, dans un jardin à la pelouse bien rase. Mais par contre, tout comme pour leur mode des fringues années 80, les couleurs défient parfois le bon goût, comme à Napier où les clôtures, les volets, le toit, les murs et le garage de cette maison arborent un magnifique vert. Il devait avoir une réduc' sur la couleur.



Bon, on est prêt à admettre tout ça. Mais le pompon, c'est qu'en plus, la construction n'est vraiment pas efficace : toutes les maisons qu'on a vues n'ont pas d'isolation, pas de bon chauffage, des fenêtres en simple vitrage, un interrupteur par pièce et très peu de prises, et des finitions bâclées. Et parfois pour trouver l'interrupteur, il faut chercher au milieu de la pièce, caché dans l'étagère ! A vous de la trouver ! Et c'est pas un problème d'argent. Nos hôtes construisent une piscine chauffée à l'énergie solaire (sic) mais ne vont pas ajouter de prises ou améliorer l'isolation...



Le magasin de bricolage « Mitre 10 » qu'on trouve dans toutes les villes sponsorise une télé-réalité sur la rénovation des maisons qui a beaucoup de succès. Comme quoi, s'ils veulent, ils peuvent rénover (méchant Sami !). Deux équipes s'affrontent sur quelques semaines pour finir à temps la rénovation d'une maison et les vainqueurs gagnent la maison.


Un des éléments fondateurs du paysage NZ, c'est le « corrugated iron », tôle ondulée (à tel point qu'on l'a assimilé alors qu'on manque de vocabulaire fondamental, c'est dire !). Ce matériau pullule : il est utilisé pour certains toits de maisons, des centaines de cabanons parsemant les campagnes, des panneaux publicitaires, de l'art, des boîtes aux lettres, etc.


N'empêche qu'on critique, mais la majorité de la population vit en maison et y a pratiquement pas de HLM. Ce qui leur permet d'avoir un jardin, un potager ou de mettre la musique super fort s'ils en ont envie. Le vrai luxe en France.

Feilding, fruits et légumes

Le 13 Mai


Chez John & Allison, nos tâches varient tous les jours, de scier le bois à aider John dans son boulot d'imprimeur. Mais aujourd'hui, on a surtout envie de vous faire (re-)découvrir des fruits et légumes de leur jardin, ça vous donnera un aspect de la nourriture des Kiwis.


Commençons d'ailleurs par le kiwi. La saison commence bientôt mais nous avons déjà eu l'occasion de goûter le « golden kiwi » à la chair bien jaune. Disons que pour le goût... pas une grande différence mais bon, il est jaune !


Le temps clément de la NZ (on ne parle pas ici bien sûr de la pluie qui a du mal à s'arrêter depuis quelques jours) permet de cultiver les agrumes dans les jardins très facilement. Chez eux, il y a un citronnier, un oranger, un mandarinier et un pamplemoussier mais également un arbre à kaki, un figuier et un olivier. Plutôt sympa, non ?


Les plus surprenants sont quand même les feijoas, les physalis et les noix de macadamia. Les feijoas sont abondantes par ici, on peut en ramasser un seau tous les deux jours sans problème, d'où compotes et autres conserves. Ce fruit se coupe en deux et se mange à la cuillère, il est très doux et à peine acidulé. On se demande si on pourrait pas importer un arbre en Franche-Comté.



Pour la physalis, c'est la même chose. Appelée « cape gooseberry », elle pousse très facilement. À tel point que Allison nous a dit que personne ne s'amusait ici à les cueillir. Elle en fait des confitures dont on se régale.



Les noix de macadamia sont apparemment plus capricieuses. Jusqu'à maintenant, l'arbre ne leur donnait qu'une seule noix par an. Cette année, c'est l'abondance avec une trentaine de noix !



Leur potager est rempli de plein de légumes : patate douce, poivron, tomates cerises, pois gourmand, oignon nouveau, betterave rouge, épinard... Mais aussi des « pumpkin », les potirons sont pas mal consommés en soupe, purée, ou cuit en gros morceau au four. La photo montre des « spaghetti squash », ces courges sont cuites entières dans le four pendant ½ heure, et ensuite, coupée en deux, la texture ressemble à des spaghettis !

Feilding et le Hockey sur gazon

Le 9 Mai


Depuis le 6 mai, nous « woofons » chez John & Allison dans la petite ville de Feilding, à une quinzaine de kilomètres de Palmerston North. Et cet après-midi, ils nous ont proposé d'aller soutenir l'équipe de hockey sur gazon de leur fils. Why not ? Autrement dit, pourquoi pas ?


Le hockey sur gazon, qu'est-ce que c'est au juste demandent nos lecteurs toujours aussi avides de connaissances. Ben nous, on ne connaissait pas mais en gros c'est un jeu de foot avec une crosse !



Onze joueurs par équipe, sur un terrain un peu plus petit qu'au foot, se disputent la baballe pour la mettre dans le but grand comme au hand. La balle est compacte comme au base-ball mais plus grosse. Le goal est emmitouflé dans d'impressionnantes protections des pieds à la tête. Et on aimerait pas être à sa place ! Et la pelouse en plastique est abondamment arrosée avant le match et entre les deux mi-temps de 40 minutes pour éviter les blessures lorsque les joueurs glissent.


Ce jeu, vieux d'une centaine d'années, n'est joué que dans les pays anglophones et leurs anciennes colonies. Deux équipes féminines se sont affrontées devant nous (pendant un peu trop longtemps pour la patience de Pauline).


Maintenant, nous n'avons plus qu'à assister à un match de Rugby et de criquet et nous aurons fait le tour des spécialités nationales.

Taranaki & New Plymouth

Du 2 au 5 Mai


Après une nuit dans un camping miteux à Mokau, on se réveille sur une plage de sable noir opaque avec vue sur le Mont Taranaki, une doublure du Mont Fuji dans le Dernier des Samouraïs. Bon, les gérants ont de la chance d'avoir une vue aussi magnifique...


Suivant les instructions du gourou et toujours aussi dociles, nous partons au-bas des Whitecliffs, des falaises ornées de gravures maories visibles uniquement à marée basse. On calibre donc notre départ en fonction et on commence par les Trois Soeurs, des roches pointant leurs nez en dehors de l'eau, qui ne sont plus que deux, la troisième s'étant effondrée récemment. Puis on découvre cet incroyable éléphant ! La mer, pourtant au plus bas, nous barre déjà le chemin, et toujours aucun motif maori à l'horizon ! En ce 2 mai, l'eau n'est pas vraiment très chaude mais bon, on est des vrais aventuriers, oui ou non ? Nous finissons donc par enlever nos chaussures et ...rebrousser chemin !


Bruce nous mène ensuite à New Plymouth, la capitale de la région de Taranaki. Nous nous y installons quelques jours, le temps de visiter et de se poser un peu. Cette ville de 50 000 habitants nous donne encore une fois une impression de décor de westerns. Mais vivre en bord de mer a quelque chose de particulièrement agréable et relaxant.


Dimanche matin, on est parti pour une autre périlleuse aventure : on a décidé de se faire l'ascension du Mont Taranaki par la face Nord ! Bon, en fait, on n'est pas allé au sommet (il faut une randonnée de 12 heures pour y aller !), on s'est contenté de deux ballades qui nous ont permis d'apprécier l'environnement d'un volcan. Il faut quand même qu'on vous raconte le mythe et l'histoire du volcan Taranaki. La légende maorie raconte que Taranaki, amoureux de la femme de Mont Ngauruhoe, a été chassé par ce mari jaloux après une bataille dantesque. La fuite de Taranaki a tracé le lit de la rivière Wanganui. La géologie raconte que la région a été formée par les éruptions successives de trois volcans, le dernier étant Taranaki dont les derniers soubresauts remontent à 250 ans.



À New Plymouth, la culture a une place assez importante : deux galeries d'art contemporain sont très actives et le musée avec une muséographie attractive et moderne. La partie maorie apporte un regard particulièrement critique sur l'histoire. Par exemple, un prophète maori de Taranaki, devant le la disparition de son peuple, a engagé une résistance pacifique consistant à travailler les terres confisquées par les colons pour se nourrir sans jamais répondre aux agressions Pakehas. Le gouvernement emprisonna des centaines de ces Laboureurs pour 'désordre civil'. Malgré les voeux du prophète, certains maoris ont fini par répondre par les armes et les guerres de Taranaki ont suivi, réprimées par encore plus de spoliations. Le tribunal de Waitangi reconnaît officiellement que les violences des colons n'étaient pas justifiées, et plus grave, que les problèmes n'étant pas résolus, il ne peut toujours pas y avoir de relations saines aujourd'hui entre Pakehas et Maoris.


Les visites, c'est bien mais ça fait du bien de se poser aussi. D'autant qu'on a tous les deux trouvé des bouquins dans lesquels se plonger allègrement : La Roue de temps de Robert Jordan pour Sami et la Trilogie Millénium de Stieg Larsson pour Pauline (Merci Gé et Flo !). Et après notre camping miteux, on a trouvé une auberge de jeunesse spacieuse, propre et agréable à 5 minutes à peine du centre-ville ! C'est presque du luxe après Bruce :-D