Feilding et le Hockey sur gazon

Le 9 Mai


Depuis le 6 mai, nous « woofons » chez John & Allison dans la petite ville de Feilding, à une quinzaine de kilomètres de Palmerston North. Et cet après-midi, ils nous ont proposé d'aller soutenir l'équipe de hockey sur gazon de leur fils. Why not ? Autrement dit, pourquoi pas ?


Le hockey sur gazon, qu'est-ce que c'est au juste demandent nos lecteurs toujours aussi avides de connaissances. Ben nous, on ne connaissait pas mais en gros c'est un jeu de foot avec une crosse !



Onze joueurs par équipe, sur un terrain un peu plus petit qu'au foot, se disputent la baballe pour la mettre dans le but grand comme au hand. La balle est compacte comme au base-ball mais plus grosse. Le goal est emmitouflé dans d'impressionnantes protections des pieds à la tête. Et on aimerait pas être à sa place ! Et la pelouse en plastique est abondamment arrosée avant le match et entre les deux mi-temps de 40 minutes pour éviter les blessures lorsque les joueurs glissent.


Ce jeu, vieux d'une centaine d'années, n'est joué que dans les pays anglophones et leurs anciennes colonies. Deux équipes féminines se sont affrontées devant nous (pendant un peu trop longtemps pour la patience de Pauline).


Maintenant, nous n'avons plus qu'à assister à un match de Rugby et de criquet et nous aurons fait le tour des spécialités nationales.

Taranaki & New Plymouth

Du 2 au 5 Mai


Après une nuit dans un camping miteux à Mokau, on se réveille sur une plage de sable noir opaque avec vue sur le Mont Taranaki, une doublure du Mont Fuji dans le Dernier des Samouraïs. Bon, les gérants ont de la chance d'avoir une vue aussi magnifique...


Suivant les instructions du gourou et toujours aussi dociles, nous partons au-bas des Whitecliffs, des falaises ornées de gravures maories visibles uniquement à marée basse. On calibre donc notre départ en fonction et on commence par les Trois Soeurs, des roches pointant leurs nez en dehors de l'eau, qui ne sont plus que deux, la troisième s'étant effondrée récemment. Puis on découvre cet incroyable éléphant ! La mer, pourtant au plus bas, nous barre déjà le chemin, et toujours aucun motif maori à l'horizon ! En ce 2 mai, l'eau n'est pas vraiment très chaude mais bon, on est des vrais aventuriers, oui ou non ? Nous finissons donc par enlever nos chaussures et ...rebrousser chemin !


Bruce nous mène ensuite à New Plymouth, la capitale de la région de Taranaki. Nous nous y installons quelques jours, le temps de visiter et de se poser un peu. Cette ville de 50 000 habitants nous donne encore une fois une impression de décor de westerns. Mais vivre en bord de mer a quelque chose de particulièrement agréable et relaxant.


Dimanche matin, on est parti pour une autre périlleuse aventure : on a décidé de se faire l'ascension du Mont Taranaki par la face Nord ! Bon, en fait, on n'est pas allé au sommet (il faut une randonnée de 12 heures pour y aller !), on s'est contenté de deux ballades qui nous ont permis d'apprécier l'environnement d'un volcan. Il faut quand même qu'on vous raconte le mythe et l'histoire du volcan Taranaki. La légende maorie raconte que Taranaki, amoureux de la femme de Mont Ngauruhoe, a été chassé par ce mari jaloux après une bataille dantesque. La fuite de Taranaki a tracé le lit de la rivière Wanganui. La géologie raconte que la région a été formée par les éruptions successives de trois volcans, le dernier étant Taranaki dont les derniers soubresauts remontent à 250 ans.



À New Plymouth, la culture a une place assez importante : deux galeries d'art contemporain sont très actives et le musée avec une muséographie attractive et moderne. La partie maorie apporte un regard particulièrement critique sur l'histoire. Par exemple, un prophète maori de Taranaki, devant le la disparition de son peuple, a engagé une résistance pacifique consistant à travailler les terres confisquées par les colons pour se nourrir sans jamais répondre aux agressions Pakehas. Le gouvernement emprisonna des centaines de ces Laboureurs pour 'désordre civil'. Malgré les voeux du prophète, certains maoris ont fini par répondre par les armes et les guerres de Taranaki ont suivi, réprimées par encore plus de spoliations. Le tribunal de Waitangi reconnaît officiellement que les violences des colons n'étaient pas justifiées, et plus grave, que les problèmes n'étant pas résolus, il ne peut toujours pas y avoir de relations saines aujourd'hui entre Pakehas et Maoris.


Les visites, c'est bien mais ça fait du bien de se poser aussi. D'autant qu'on a tous les deux trouvé des bouquins dans lesquels se plonger allègrement : La Roue de temps de Robert Jordan pour Sami et la Trilogie Millénium de Stieg Larsson pour Pauline (Merci Gé et Flo !). Et après notre camping miteux, on a trouvé une auberge de jeunesse spacieuse, propre et agréable à 5 minutes à peine du centre-ville ! C'est presque du luxe après Bruce :-D

Détours par la King Country

30 Avril & 1er Mai


Devant patienter une semaine entre deux woofings, on planifie de visiter la région de Taranaki à deux heures à l'ouest de Wanganui. On profite donc du four pour cuire cakes et muffins de survie pour le camping avant de dire au revoir à nos hôtes. Mais nos exigences de touristes nous imposent de visiter les Waitomo Cave, un des sites les plus visités de l'île du Nord, mais qui rajoute à peine 500km de détour. Faut dire aussi que Deb nous a chaleureusement conseillé des coins sympas et elle avait bien raison !



Sauf que, ça commence mal, la pluie du matin nous oblige à déjeuner à l'avant du Bruce en bord de route. Bof... Mais en NZ le temps change rapidement. Ce qui nous permet de visiter Te Kuiti sous le soleil même si l'arrêt était loin d'être nécessaire : une ballade boueuse pour voir un pa du XVIIe (où il n'y a rien à voir), un parc minuscule et un jardin japonais intéressant mais sans zen.




On s'échappe rapidement pour camper à Kawhia, un très joli port blotti dans une anse. Le cadre idéal pour une soirée en amoureux en bord de plage jusqu'à ce que deux autres voitures viennent s'incruster aussi pour la nuit ! On a quand même profiter au matin d'un sable très noir et très fin, sur une plage qui a des sources chaudes à marée basse, à découvrir en creusant le sable. Ce que nous n'avons pas eu le courage de faire en ce 1er mai (équivalent quand même à un 1er novembre français!).




Sur la route de montagne sinueuse et parfois de graviers, on s'est régalé de paysages : forêt podocarpus (primitive), cascade, terre argileuse rouge, vues sur la mer et autres particularités naturelles.



Et là, l'aventure, l'incongru, l'exotisme nous sautent dessus à l'improviste, en plein milieu de la route... ;-)




Un arrêt à la grotte Piripiri nous permet de tomber par hasard sur une colonie de wetas, ces insectes endémiques nocturnes ressemblant à de gros cafards. Plus loin, on a pu observer un véritable 'pont naturel' : une ancienne rivière souterraine a vu son plafond s'effondrer, sauf à l'endroit d'un bloc qui la surplombe toujours.



Dans cette région, des roches de limestone surgissent partout, ce qui lui donne un charme particulier. Elles sont constituées de calcium et de fossiles marins dissous, comme par exemple des huîtres géantes de la taille d'une assiette.



Le but de ce grand détour est quand même les grottes de Waitomo, réputées pour leurs vers luisants. Une guide aux blagues cent fois répétées nous fait traverser un joli complexe souterrain tout ce qu'il y a de plus classique. Elle nous a quand même appris quelque chose : vous saviez que les vers luisants se nourrissaient en laissant pendre un 'attrape-mouche' ? Et si oui, est-ce que vous saviez que les larves vivent 6 à 9 mois en faisant que se nourrir alors que les adultes n'ont pas de bouche et ne vivent donc que 3 à 4 jours, juste le temps de se reproduire ?! Alors, on fait moins les malins, hein ? Nous sommes alors montés à bord d'une barque, sur une rivière sombre et silencieuse, tel Charon sur le Styx. Nos yeux s'accoutumant à la nuit, on a vu apparaître au-dessus de nous des milliers de lumières bleues dessinant une voûte de cathédrale. Cette voie lactée en impose tant que 20 personnes ne pipent mot durant dix minutes. Magique. Désolé, l'image est piratée sur internet car interdite sur site mais ça vous donne une petite idée.

Wanganui, 10 jours chez Deb & Fred

Semaine du 20 au 29 avril


Ça se confirme le WOOFing ça fait du bien ! On a été accueilli lundi dernier chez ce petit couple de soixantenaires : Deb est artiste peintre et Fred paysagiste-charpentier-retraité-étudiant-géographe ! La maison tout en bois a été construite par les mimines de Fred, mais sans chauffage central et toujours aussi mal isolée. Située sur l'estuaire de la Whanganui, les petits déj' avec le soleil du matin y sont un vrai régal. (Petite précision orthographique : la ville et le comté de Wanganui n'ont pas de 'h' contrairement à la rivière. Ça serait dû à des problèmes de prononciation du maori...)


On a alterné désherbage et taille dans le jardin, avec débroussaillage et clôture dans le verger (le potager est d'ailleurs dévalisé par des paons sauvages, qui tapent sur les nerfs de Deb !). 4h par jour et avec une météo plus que clémente, c'est vraiment bonheur. Par contre, on dort dans deux petits lits (pff!), dans une chambre froide et minuscule. Le seul vrai repas est celui de 18h30 parce qu'ils se contentent d'un café et d'une tartine le midi quand on liquide quasiment tout leur pain fait maison !


Du coup, Deb a été forcée d'en faire plus que d'habitude. Nous sachant Français, elle a même pris le temps de nous montrer comment faire. Mine de rien c'est pas mal de boulot mais c'est bon ! En (très) gros, vous prenez 3 tasses de farine, une cuillère de sel et de levure par tasse (activée 20 min auparavant dans l'eau) et ½ litre d'eau chaude. Sur une plaque de marbre farinée, mixez le tout 10 min jusqu'à obtenir une boule de pâte élastique (admirez au passage les mains professionnelles de Sami !). Laissez reposer 2h. Renouvelez l'opération 2 fois (on est clair ?). Enfournez dans un four bien chaud à 200° pendant ½ heure. Voilà, c'est bon.


C'est bien parce qu'on apprend à chaque fois quelque chose. Et des fois ça se mange !


Le week-end on est parti les deux, enfin tous les trois avec Bruce, qui s'est fait faire un petit parallélisme chez le coiffeur (merci David et Flo de vous enquérir de sa santé). Après une promenade, sans plus, sponsorisée par le Rotary Club (authentique!), on a pique-niqué au bord du lac Virginia, pratiquement envahis par les canards, oies et Pukepos (ces drôles d'oiseaux bleus endémiques, ridicules et attachants tant par leurs cris 'klaxons' que par leur façon de marcher sur leurs échasses). Un bon café nous a donné refuge pendant la pluie qui a suivi et nous a permis une petite session de lecture tranquillou ! On commence à se rendre compte qu'avec la nuit et les cafés qui tombent tôt (6H pour le 1er et 5H pour les 2e), le camping sauvage avec super Bruce devient problématique : juste un lit, pas de prises et pas beaucoup de lumière... Les longues veillées d'hiver risquent d'être à l'étroit !


Dimanche matin, le soleil est de retour (Alleluia !). On se décide donc à promener Bruce le long de la Whanganui, réputée pour ses beaux paysages. Le panneau vous indique à quel point on s'est amusé sur le chemin ! Mais ça valait le coup d'œil. En plus, c'est un voyage super économique à travers le monde étant donné qu'on a traversé Athènes, Londres et Jérusalem en moins d'une demi-heure ! (juste trois hammeaux maoris rebaptisés)



De retour en 'ville', on se fait une petite page culture en visitant la galerie Sargeant, exposant des artistes contemporains. Notre séjour s'est terminé par une visite à l'atelier de souffleurs de verre de Wanganui. Très intéressante puisqu'on pouvait les observer en direct tourner et « souffler » le verre. Malheureusement, on n 'a pas eu de cours, donc vous n'en n'aurez pas non plus ! On va quand même pas tout vous expliquer à chaque fois ! ;-)



Palmerston North, premier WOOFing chez Rudy

Samedi 18 avril


Cette première semaine de WOOFing se déroule donc dans cette petite ville tranquille du Manawatu. Pas si tranquille finalement puisque la présence de 2 universités fait paraître sa population plus jeune et ses bars plus attractifs que les autres villes. C'est ici donc qu'on a repéré notre premier WOOF qui propose une initiation à la photographie ou au vitrail selon ses envies du moment.


On se retrouve donc chez un médecin Philippin, spécialisé en virologie, légèrement efféminé sur les bords et pratiquant la photographie noir et blanc, le tirage photo et le vitrail (si, si, c'est sûr !). Au final, il n'est pas franchement intéressé par le concept du WOOF supposé mettre en valeur la culture bio mais a plus envie de compagnie et de partager ses passions. Bon, on a quand même désherber son jardin, magnifique par ailleurs, avec des fougères natives, du lemonwood et différentes sortes d'hortensia. Mais on était loin de faire nos 4h quotidiennes de travail pour « payer » nos trois repas et notre lit ! Après les pommes, c'est la fête !


Aujourd'hui est le point culminant de notre semaine : après une leçon théorique sur la photographie, il nous montre enfin la technique du vitrail. Donc vous avez droit à votre tour à un cours magistral hyper-clair bien sûr, illustré de très belles photos documentaires !


La première étape consiste à couper le verre selon le motif choisi. On utilise un cutter spécial pour le verre, rempli d'huile qui permet de de marquer le verre sans à-coup. Il faut absolument commencer et finir au bord de la plaque et ne jamais repasser sur un premier trait et croyez-nous, c'est pas facile de lutter contre ses réflexes !



Pour casser le verre maintenant, il faut positionner ses deux mains avec les pouces en haut parallèles de chaque côté de cette ligne. Ensuite il suffit de faire pivoter les poignets en sens opposé et le tour est joué ! C'est assez magique...



Bon, après ça, chaque pièce est poncée pour que les arêtes soient bien lisses et que les morceaux s'emboîtent sans problème. On nettoie à l'eau savonneuse et on essuie bien (on le fait quasiment entre chaque opération).


Deuxièmement, on encadre toutes les pièces d'un film de cuivre adhésif. Le film doit parfaitement adhérer donc on a utilisé un outil à la forme très bizarre pour presser sur le verre. Les pièces sont posées sur une plaque en formant le motif, et clouées pour les maintenir en place. Un pinceau trempé dans du « flux » est passé sur toutes les parties métalliques. Puis, on soude alors l'ensemble avec de l'étain. On passe une patine foncé pour donner un aspect vieilli puis on fait briller avec une espèce de cire.



Et voilà, le travail ! On est devenu des maîtres-verriers en quelques heures... Enfin, presque ! Vous pourrez constater rapidement toutes les imperfections ! Pas facile la vie d'artiste. Et sans compter que là, on parle de traits droits, mais on a pu tester les courbes, et bah, rien que pour découper, ché pas fachile, fachile !! Mais si vous avez envie de plus, allez faire un tour sur www.leadlight.co.nz


Mont Tongariro, on a eu ta peau !

Samedi 11 avril


C'est Pâques, et ici, le vendredi et le lundi sont fériés. Après consultation de la météo, on décide de prendre notre revanche sur le Mont Tongariro. Comme nos amis canadiens habitent au Lac Taupo, à 1h30 de là, on leur propose de se voir. Et là, très bonne surprise, ils avaient décidé de faire la même rando exactement le même jour. Vraiment la cerise sur le gâteau !



Nous voilà partis avec Tom & Kat pour 7 à 8 h de marche pour la très réputée Tongariro Alpine Crossing. Le hic étant que Kat et Sami sont tombés malades juste quelques jours avant. Aïe ! Mais ils sont super forts et ne renoncent pas.



Lever donc à 5h30 le matin (dur, dur après ce mois de pommes mais on est décidément super forts). Avec nos bouteilles d'eau bien remplies, nos casse-croûtes et des bâtons de marche préparés tout spécialement pour l'occasion par Tom (en bois de rose, s'il-vous-plaît), nous commençons notre marche par le bush, ce paysage si particulier dans lequel seules quelques plantes poussent sur terrain volcanique. C'est assez étrange de se balader au milieu de ce territoire de pierres noires et de touffes éparses de végétation. On aurait vraiment cru les marais du Mordor (cf : Le Seigneur des Anneaux – d'ailleurs Pauline fait trop bien Gollum depuis qu'elle a vu le film).


Malheureusement pour nous, ce week end est le plus chargé de l'année, environ 15 000 personnes prévues... Donc pour se mettre dans une atmosphère désertique et de solitude, c'est pas vraiment ça !


La première partie est annoncée comme la plus difficile : 3h pour les 6 premiers kms et 4h pour les 13 derniers... Et bah, on confirme ! La montée jusqu'à la Mangatepopo Saddle est vraiment la plus crevante (on sait, les noms sont à coucher dehors, mais on s'amuse à vous dépayser). De là, on voulait se faire l'ascension du Mont Ngauruhoe, le célèbre Mont du Destin du Seigneur des Anneaux (1h30 pour la montée, et 30 minutes la descente) mais notre équipage trimballant des grands malades, nous avons préféré miser sur la sécurité... Mais promis, on ira jeter l'Anneau de là-haut la prochaine fois !


En cours de route, nous avons traversé le Cratère du Sud, une étendue désolée, plate, enneigée, entourée de montagnes. Par moment, entre deux nappes brouillard on apercevait, comme dans un rêve, le magnifique sommet du Mt Ngauruhoe, semblable au Mt Fuji. Puis, c'est reparti pour la suite de l'ascension jusqu'au Cratère Rouge, à 1886m (hein qu'on est balaise, quand même ?!). C'était tellement ardu, pentu et encombré de marcheurs, qu'on a eu droit à un véritable bouchon !! Arrivés au sommet, on était fin prêts pour un petit en-cas léger (en gros, notre très gros casse-croûte !). Ce qui nos a donné la chance de voir la brume s'évanouir au soleil, et d'apprécier de magnifiques vues dégagées du cratère et des 3 monts qui constituent le Tongariro National Park : le Tongariro lui-même, le Ngauruhoe (à prononcer « Nauraroï ») et le Ruapehu. Comme vous pouvez voir sur la photo, le Cratère Rouge mérite bien son nom.


Après notre heure de pause, on est redescendu sur les pentes graveleuses menant aux Lacs d'Emeraude, qui méritent bien leurs noms aussi (non, on se répète pas !). Assez magique aussi. Et la descente était excellente car on est obligé de marcher en crabe et de toute façon, chaque pas nous fait descendre de 50 cm tellement les graviers roulent sous nos pieds. Plus loin, le Lac Bleu nous a paru bien pâle comparé aux Lacs d'Emeraude.


Une longue descente à travers une vallée de garrigue, puis une forêt endémique, nous a reconduit au parking, légèrement fourbus mais fiers de nous ! Un bol de frites chaudes accompagné d'un chocolat chaud (oui, c'est vrai que c'est un mélange bizarre) nous a requinqué avant de retourner sur Taupo. On passe sur le monticule de mouchoirs que Sami et Kat ont formé pendant cette journée épique et nasale !


Le dimanche, un pique-nique avec un bouquin nous a permis à tous de nous remettre de nos émotions. On est très content d'avoir concrétisé cette balade, considérée comme la meilleure d'un jour en NZ, et surtout avec Tom et Kat.

Adieu Pommes ! Bonjour Woofing

Jeudi 9 Avril


Après 1 mois et deux semaines de labeur, nous venons enfin de terminer la cueillette des pommes. On commençait à saturer un peu. Et bah, on peut vous le dire : les pommes, c'est pas de la tarte ! (Sami est à nouveau dans sa phase « jeux de mots », c'est confirmé).


Surtout que nous avons eu droit à de belles absurdités sur la fin. Exemple : après nous avoir « tallé » à longueur de journées afin de sélectionner des pommes bien jaunes, on nous demande un jour de compléter nos bennes à tout prix, quitte à prendre n'importe quoi. Y a même des collègues cambodgiens qui en ont recommencé deux comme ça ! Et le lendemain, on nous fait recommencer ailleurs avec cette même variété en exigeant à nouveau de belles pommes jaunes ! Déjà avant, on avait légèrement l'impression d'être pris pour des « poires » en nous refourgant les rangs que les autres refusaient. Et pendant qu'on se trimballe nos lourds paniers sur des bornes, nos trois superviseurs (pour dix travailleurs à peine) papotent et se moquent de nos appels... Et dire que des collègues israëliens nous ont appris que le prix des bennes n'avait pas augmenté en 7 ans, contrairement à tous les autres boulots payés à la tâche.


Mais bon, maintenant c'est fini et on a bien fait notre beurre ! En parlant pâtisserie, Pauline s'est bien vengée en compotant et crumbeulisant sans merci.


Et mardi, on commence le « WOOFing », ce qui devrait nous permettre de passer l'hiver au chaud. Le WOOF est une association d'échanges culturels visant à promouvoir l'agriculture biologique. Concrètement, on travaille 4h à 6 h par jour pour un fermier bio qui, en échange, offre le logis et le couvert. Les B&B (Bed & Breakfast – maison d'hôte avec petit déj' inclus) et les particuliers avec jardin se sont mis eux aussi à employer des WOOFers. Et en l'occurrence, on a trouvé plusieurs adresses bien alléchantes, qui devraient nous permettre d'apprendre beaucoup de choses. Après s'être trimballé en moyenne 2,5 tonnes de pommes chacun 6 jours sur 7, ça devrait être plus reposant !

Entre le Pa et le Spa, il n'y a qu'un pas, n'est-ce-pas ?

Dimanche 5 avril


On est super drôles, non ? Bon d'accord, on y a pensé toute la journée alors on vous en fait profité.


Pour commencer, nous sommes partis en balade dans une forêt le long d'une rivière. Trois heures de marche pour une jolie cascade et les Kahikatea, ces arbres anciens de la même veine que les Kauris du Northland. Ces immenses arbres offrent une vraie niche à de nombreux insectes, plantes et oiseaux.




Et à se demander si on ne ressemblait pas à ces Kahikatea car plusieurs petites fantails (des mésanges) nous papillonnaient autour, tout ça pour poser sur la photo (bon, on en a eu besoin de 140 tellement c'est fin speed ces ptites choses !). Pendant cette promenade, on a été surpris de sentir à plusieurs reprises un vent chaud bien agréable, qui nous a prouvé que l'été n'est pas si loin derrière nous !



Ensuite, nous avons visité un Pa vieux de 500 ans, un village fortifié pré-européen. Les tribus maories étaient très guerrières et ne cessaient de combattre les unes contre les autres (un peu comme les Gaulois 'de' Sami). Lorsque Cook et ses successeurs les ont découvert, ils ont été impressionnés par leurs forts et leurs sciences guerrières. Pour protéger les habitants et leurs biens, les maoris bâtissaient leurs pa sur des collines, qu'ils rehaussaient encore de terrasses superposées imposantes. Des palissades étaient édifiées et complétées par des pou, des poteaux au sommet sculpté d'ancêtres visant à effrayer les ennemis. Des fosses étaient creusées pour conserver les kumaras (patate douce) de l'humidité et de la lumière et abritées par une toiture. Jusqu'à 6000 maoris pouvaient habiter dans ces pa. La cuisine se faisait dans des foyers creusés, en dehors des maisons, car tout ce qui était cuisiné pouvait nuire au tapu.



Et histoire de finir la journée en beauté, et pour justifier notre jeu de mot pourri, un petit tour dans le Spa de Napier pour se détendre un peu. On vous passe les températures des piscines et jacuzzi. Mais c'était bonheur de s'y replonger face à l'océan Pacifique (juste pour vous dégoûter !)

« Bizarre, vous avez dit bizarre ? » 2

Mardi 31 Mars


Pour continuer dans les incongruités kiwiesques, voici quelques autres anecdotes revelant les « petits chocs culturels » !


Commençons par un aspect très positif : les toilettes publiques. On dirait pas comme ça, mais ça facilite beaucoup la vie des campeurs et des vessies de la taille de sachets de thé ! (n'est-ce pas Sami ?) En effet, quelles que soient les villes qu'on a traversées, on a pu trouver à chaque fois des toilettes (souvent vers les offices de tourisme) un peu partout. En plus, elles étaient souvent propres et tout le temps avec du papier ! Et ce même au bord de lacs où on était les seuls campeurs. Rahhh ! Trop bien !!



Et maintenant, moins drôle, le bio à la néozélandaise. Actuellement, nous bossons dans des vergers bio. On était assez fiers au début, même si on voyait beaucoup de bestioles qui nous salissait les bras, et la tête (alouette!) qu'on génocidait en cueillant. En fait, on a appris que les pommes étaient traitées mais depuis assez longtemps pour qu'on ne puisse plus détecter les produits dessus ! Miam, miam, mangez des pommes ! À se demander si ça n'arrive qu'en Nouvelle-Zélande...


Comme le confirmaient nos collègues franc-comtois en vadrouille dans l'île du sud, les Kiwis mangent tôt, voire très tôt. En gros, pour aller aux restos, faut y aller vers 18h, sinon t'es décalé. À 20h, ils remballent déjà ou quasiment ! Et dans la famille où nous sommes actuellement c'est plus chaotique mais là, il est 17h50 et ils mangent déjà.


Une formule magique maintenant : HSM Rapid Response Security Guard. Ça donne envie, hein ? Bah en fait, cette formule permet de se débarrasser de backpackers (baroudeurs) vaguement trop fêtards au camping. Lors d'une des rares soirées sympa au camping d'Hastings, à 22H en gros un vendredi soir, le gérant est arrivé en pyjama puis 15 minutes plus tard, deux voitures sont arrivées à sa demande livrant une bande de cow-boys habillés en noir avec écrit sur leurs bombers la fameuse formule : HSM Rapid Response Security Guard !! Et bah si c'est ça l'insécurité en NZ, on est plutôt tranquilles ! On avait déjà remarqué de toute façon que dans de très nombreux endroits ici, il y avait des patrouilles (souvent de civils) qui circulaient pour surveiller le voisinage. Paranos, les Kiwis ? Faut dire qu'il y a toutes les semaines à la TV publique une émission de flic-réalité, où on suit des « gardiens de la paix » embêtés par de méchants citoyens insubordonnés.


On avait dit dans un précédent post que les magasins fermaient tous à 17H. En fait, il y a quand même des exceptions. Heureusement, il y a les supermarchés où le client reste roi : ouverts de 6h à minuit ! 7J/7 ! Histoire d'être sûr que chacun trouve son bonheur à n'importe quel moment de la journée ! Petit aveu, nous sommes passés un samedi soir... Mais non mais c'était juste pour acheter du pain ! C'est pas notre faute si on est français (et ici, pas de boulangerie ouverte après 17h ou le dimanche !) Pardon Loïc on a craqué !


Dans notre rubrique « les vieux métiers disparus d'antan », nous avons retrouvé l'emballeuse de caisse. Ce n'est pas une bimbo qui fait la promo des voitures mais une seconde caissière qui emballe tes courses dans un sac : dans les supermarchés, il ne faut surtout pas fatiguer l'acheteur.

Palmerston North et ses roses

Samedi 21 mars


Après une première semaine de pommes frustrante (et un mois qui s'annonce à 6/7 jours), on nous annonce que samedi on finit au moment du repas. Ni une, ni deux, on s'est décidé à partir sur Palmerston North à 3 heures de Napier.

Cette ville a le mérite de posséder la plus grande université de NZ donc on a pensé qu'on pourrait faire un saut là-bas. Au final, ici au moins il y a des cafés sympas. Et comme en ce moment, on n'a pas de vrai "chez nous", on est pas mal de sortie dans les cafés ! Mais à part ça... L'architecture rappelle les villes américaines moches avec de grandes avenues et toujours cette fâcheuse habitude de faire des plans carrés !

Par contre, on a fait une excellente visite qui aurait fait bavé d'envie nos mamans : le jardin Dugald McKenzie. Dit comme ça, ça vous dit pas grand-chose mais il a quand même remporté la cinquième place des plus beaux jardins au monde en 2003 . Ca vous en bouche un coin, hein ? Sans rire, c'est un jardin de roses, certes un peu froid, mais qui présente des dizaines d'espèces différentes. Des hybrides y sont créés et exposés. On s'est régalé autant de leurs beautés que de leurs odeurs. Finalement, on était arrivé en fin d'après midi et on est repassé le lendemain rien que pour profiter de la lumière du matin !


Et comme on est sur la côte ouest, on est parti jusqu'à la mer Tasman pour passer la nuit en bord de mer. On s'est arrêté sur Himatangi Beach qui est une plage réputée. Bien sûr, il s'est mis à pleuvoir juste sur le chemin ! Mais le matin on s'est réveillé pour une ballade sur le sable brun. Cette plage est en fait une autoroute à 4X4, qui sont tant appréciés des Kiwis! C'est assez bizarre de voir un panneau 30km/h en plein milieu d'une plage ! et des traces de pneu sur toute la largeur. Mais bon, on met une photo plus jolie, sinon vous allez avoir l'impression qu'on part au Quart-Monde !


Le lendemain, on a décidé de se re-venger du Tongariro et de s'entraîner à nouveau à la marche en allant voir les gorges de Manawatu, à 15km. Mais notre temps était compté donc on n'a pu faire que la moitié du trajet dans une forêt sympa mais sans rien voir des susdites gorges ! C'est comique, non ?


Par contre, on a pu apprécier une autre forêt... une forêt d'éoliennes ! Perchées au-dessus de collines, 50 éoliennes dominent les alentours, qui formaient le champ d'éoliennes la plus étendue de l'hémisphère sud. Et durant la rando, on a pu entendre le son qu'une d'entre elle produisait. Etrange... assez indescriptible en fait. En tout cas, c'était une première pour nous.

Rotorua III : ville et fin

Samedi 14 mars


Comme on se trouvait par là, on a quand même visité la ville via le tour proposé par notre grand gourou et guide spirituel Lonely Planet.


Nous avons commencé par les anciens thermes transformés en musée, entourés de terrains de criquets. Les anciens locaux utilisant les ressources de la géothermie locale ont été réaménagés. On se serait cru au XIXe même en allant aux toilettes qui reprennent la céramique et la déco de l'époque. C'était assez rigolo de voir les anciennes baignoires et les photos des harnachements pour douleurs articulaires et autres thérapies plus ou moins farfelues de l'époque pour soigner les maux. Un système de tuyaux en sous-sol amenait les eaux volcaniques sulfureuses dans tout le bâtiment. Sauf que ces eaux corrodent très vite le métal ce qui a entraîné un pourrissement très rapide qui a transformé les salles de soin en chambres de torture Est-Allemandes !

La partie maorie du musée était particulièrement intéressante parce que pour une fois, le point de vue était maori. Et de fait, il nous a pas mal ému. Pour donner un exemple, les anglophones pourront lire le texte sur la photo jointe (les autres attendront notre retour !).

A la sortie, nous avons traversé les Jardins du Gouvernement avec notamment un parterre de roses qui aurait charmé nos mamans.


La ballade nous a fait passer ensuite devant une place où se font face un marae et une église. Les premiers n'étant ouverts au public que sur invitation, on n'a pu visiter que la deuxième mais qui a la particularité de mélanger les influences chrétiennes et maories. D'ailleurs avant d'entrer, il est demandé d'enlever ses chaussures comme justement dans les maraes ! On peut ainsi voir des panneaux de lin dans le choeur, une chaire et des bancs sculptés de monstres maoris, et dont le bois est de couleur rouge, qui est la couleur traditionnelle des constructions sacrées maories. Les vitraux reprennent également des motifs maoris tels des spirales. Sauf un, assez original, pour ne pas dire étrange : un Christ marchant sur les eaux de Rotorua (gravé à l'acide sur une baie donnant sur le lac) ! Bel exemple de syncrétisme. Comme sur la photo : l'autel porte l'inscription « tapu », qui a donné tabou en français, et qui renvoie à une notion complexe du sacré. (Que nos auditeurs se rassurent, nous ne serons pas toujours aussi intellectuels, pouêt !!)









À Rotorua, même les égouts font de la fumée ! À tout moment, on peut voir un nuage de fumée (nauséabond, certes) surgir de n'importe où. L'odeur n'est heureusement pas continue mais on s'habitue... par moment.


Le soir, nous nous sommes offerts le luxe d'un petit resto pour fêter l'anniversaire de Pauline, le Bistrot 1284 (attention, publicité des antipodes !). La cuisine mixe des influences de NZ et d'Asie pour le plus grand bonheur de nos papilles (c'est l'équivalent du Champagney à Besançon pour ceux qui connaissent, carrément !). Nous sommes arrivés à 20h mais on était les derniers ! Conclusion : en NZ, il faut venir au resto tôt !


Après avoir bien profité de Rotorua, nous avons redécollé et, telles des mouches attirées par la confiture, nous nous sommes englués sur un site touristique : Orakei Korako, connu pour ses terrasses de silice colorées semblables aux Terrasses Blanches et Roses détruites par une explosion volcanique (cf. précédent post). Il y a aussi des mares de boue, des geysers et une grotte avec source d'eau chaude (une des 2 seules au monde quand même). Une bonne halte sur le chemin du retour même si un peu redondante après Te Puia. Tout ça histoire de raconter notre vie !

Rotorua II : Gargouillements

Vendredi 13 mars


Après la Waikite Valley et pour continuer sur le géothermal, nous avons décidé de visiter le site de Te Puia à Rotorua. En effet, cette merveilleuse odeur d'œuf pourri nous manquait déjà (on vous la conseille juste après le repas, c'est particulièrement divin).


Une ballade nous a mené de geysers en sources d'eau chaude, en passant par des mares de boue bouillante. Parmi les éléments notables, le geyser Pohutu qui s'active trois fois par heure peut apparemment atteindre 30 m de haut (pour nous, il s'est contenté d'un petit 10m).



Le site permet aussi d'assister à un concert « traditionnel » maori. Après une invitation cérémoniale, nous sommes entrés dans un marae (maison de réunion, pour ceux qui n'auraient pas correctement suivis les cours du blog ! - en fait, on vient juste de mettre à jour le post sur Rewa's village de février). Orné des jolies sculptures habituelles sur les chevrons et piliers, il est toutefois 'rehaussé' de chaises pour que nos pauvres petites fesses touristiques puissent se reposer.

Ensuite, chants et danses se sont succédées, dont la fameuse Poi avec le puipui ! Si, si, c'est vrai : le poi est une danse élégante de femmes qui font tournoyer jusqu'à 4 boules de lin blanc au bout d'une corde (les poi). Les femmes comme les hommes portent le puipui, une jupe en lin spécial (made in nz) qui fait un son de maracas quand les danseurs virevoltent. Le son des puipui et des poi tapant sur les mains et le torse accompagnent la musique et en forment le rythme.

Après ça, nous avons eu droit à un haka avec les armes anciennes. Le haka n'est pas à l'origine une danse de rugbymen mais une danse de guerre, utilisant le bruit des armes, les gros yeux et des grimaces pour déstabiliser l'ennemi. Dans la mentalité polynésienne, les tatouages et la danse avaient le pouvoir de faire reculer l'ennemi et de gagner la guerre sans bataille. En fait, le moko (art du tatouage) revêtait le guerrier d'une armure sacrée.

Ensuite, un musée interactif nous présentait de manière agréable la sculpture mais surtout les instruments de musique, les armes et certains aspects de la civilisation que nous n'avions pas vu dans d'autres.


À Te Puia, se trouvent également une école de sculpture et de tissage du lin avec des élèves de toute la NZ, qui montrent au public les méthodes traditionnelles. Il faut rappeler que la civilisation maorie ne connaissait pas le métal avant l'arrivée des européens au XVIIIe siècle. Jusque là, ils utilisaient exclusivement outils de pierre ou de jade. De manière surprenante, l'introduction des outils métalliques a été complètement intégrée à la tradition : la société maorie n'attribuait pas les progrès techniques ou stylistiques à un individu ou à un temps donné mais seul le résultat artistique comptait (on se la pète avec nos essplications de théoriciens d'lard, hein ?)


Devinette : mon 1er est plus gros qu'une poule (largement), mon 2e a tout plein de poils, mon 3e a deux pattes qui sortent de nul part, mon 4e n'a pas d'ailes et a un long bec et mon 5e adopte une démarche dandinante. Mon tout est complètement ridicule mais vraiment touchant... Qui suis-je ?

Et tout de suite, pour nos amis internautes, un indice va s'inscrire sur votre écran : je fais partie de la famille de l'autruche mais je suis un mammifère honoraire ; je suis doté de moustaches sensibles comme celles d'un chat et mes narines au bout de mon bec me permettent de détecter les vers de terre à 3 cm sous la terre ; je ne sais pas voler ; pour finir je suis nyctalope (n'est-ce-pas Damien ?). Qui suis-je ?...

Et oui, nous avons pu enfin observer pour la première fois la fameuse coqueluche de NZ dans un petit abri... à kiwis ! . Il faut dire que cette petite bête vit la nuit ce qui ne facilite pas les rencontres. On était tout attendri... Cro Mignooon ! Même si un des deux exemplaires faisait des allers et retours sur un mètre comme un ordinateur qui beugue. Pas très futé le kiwi ! Ou alors mal programmé !

Rotorua I : ça finit par commencer bien

Jeudi 12 mars


Après ces déconvenues (cf les deux posts précédents), on décide de se rabattre sur Rotorua, plus au nord, donc encore 3 heures de route. Cette ville est connue pour son activité géothermique et ses thermes, et sa très surprenante odeur d'œuf pourri.


Arrivés la veille au soir, on campe au bord du lac Orareka qui fournit gratuitement toilettes et barbecue aux campeurs de fortune. La vue sur le lac et ses montagnes est imprenable le soir et le matin. On s'est régalé de photos encore une fois dont des essais nocturnes assez concepts. Le matin, notre petit déj' a été goulûment suivi par quelques canards obstinés.


On commence la journée par le Buried Village (village enterré). En effet, en 1886, le volcan Tarawera a explosé et détruit le petit village, mais aussi la huitième merveille naturelle du monde : de magnifiques terrasses de silice rose et blanche. Et ce qui était un lac unique s'est divisé en Lac Vert et Lac Bleu. La reconstitution du village des maoris et des quelques pionniers d'après des fouilles archéologiques n'était pas inintéressante. Cependant, la région de Rotorua accueillant de nombreux touristes, les prix sont souvent trop élevés, comme on a pu le juger par la suite.


Décidés à nous entraîner à de futures randos (dont le Tongariro qui ne nous échappera pas !), nous sommes partis à l'ascension du Mont Rainbow (arc-en-ciel). Il tient son nom des couleurs de son sol, de l'argile rouge à jaune. Cette petite marche d'une heure aller (bien pentue vers la fin), nous a fait passer devant un lac de cratère d'un très beau bleu. Le sommet nous offrait un panorama sur la région mais c'était sans plus. Curieusement, la descente est beaucoup mieux passée !


Pour nous récompenser de tous ces efforts (tant intellectuels que physiques), nous avons bifurqué pour la Vallée Waikite. Pour 4$ de plus que le prix du camping, on a eu le droit à une piscine à 28°, deux bassins à 39° et 41° avec vue sur la vallée, et une autre encore plus chaude (intenable pour Pauline).

Et en plus, le lendemain, après s'être re-régalé de ses thermes (qui ne puaient pas, eux), on est remonté à la source le long d'une petite promenade très agréable. On a appris que c'était la plus importante source d'eau bouillante naturelle de NZ, 40 à 50 litres par seconde d'eau à 98°et dont la profondeur reste inconnue. La semaine commence enfin à être agréable même le temps s'y est mis.